mercredi 2 avril 2014

Dangereuse humanité (partie IV)


Bon ça fait un bout de temps qu'est sorti le début de dangereuse humanité, donc voici un lien pour lire et relire :




Et donc :

Dangereuse humanité (partie IV)

Hélas je n’ai pas le temps de m’en emparer qu’un homme tente de se jeter sur moi. D’un réflexe, appris en cour de judo, je me baisse pour esquiver. L’autre s’effondre sur le sol avant de se relever dans un grognement, ce qui me laisse le temps de me retourner pour enfin le voir de face. 

A son uniforme, il s’agit de l’un des soldats qui attaquaient le bunker. Un sourire sadique étire  ses lèvres quand il s’aperçoit de ma petite taille, dans son regard je lis que n’ai aucune chance de m’en sortir. C’est à ce moment-là qu’il remarque mon arme. Son regard s’arrête sur l’objet de métal et, sans prévenir, il charge à nouveau. 

Le coup de feu part sans prévenir, lui aussi. Le bruit semble résonner dans tout l’espace de l’immeuble. Le soldat s’effondre en hurlant de douleur.

 Dégoûté, je rejette aussitôt le revolver sur le sol, j’ai tué un homme !

 Quel acte répugnant ai-je commis! Mes genoux tremblent, je sais que ce geste ignoble me poursuivra toute ma vie, si courte soit-elle. Mes larmes coulent à flot quand je remarque soudain que la poitrine de ma victime se soulève encore, il n’est pas mort. Que dois-je faire ? L’arme qui m’a juste à l’instant permis de ne pas mourir se trouve à l’autre bout de la pièce, près du corps. S’il s’en aperçoit, il me tuera aussitôt. Le corps du blessé se trouve entre moi et la porte par laquelle j’étais entré, je ne peux pas fuir hors du bâtiment. La voix du soldat me fait soudain frissonner :

« -Alors ? T’as même pas l’courage de m’achever sale speris !

-Je ne peux pas vous tuer, vous êtes un être humain et. . .

-Et alors? hurle le blessé. Vous les mutants, vous n’êtes que des lâches qui ont fait crever une bonne partie 
de l’humanité, pourquoi pas un de plus? Oh! Ne fais pas mine d’avoir pitié, vous êtes tous sans cœur !

-Nous, bredouillai-je, nous sommes aussi des êtres humains, pas d… des mutants.

-Menteur, crache l’homme en saignant sur le sol. Hum, mais que vois-je ? Tu as laissé tomber ton arme on dirait, dommage pour toi ! fait-il en s’en emparant, puis en se redressant, il poursuit :

-Ne joue pas les innocents avec moi, compris ? Ce n’est pas parce que tu es un enfant que ça va m’empêcher de te tuer! Allez! Mets-toi à pleurer pour voir, fais le cruel humain en agitant le revolver.

Je n’ai pas le temps de me retourner pour fuir dans les couloirs sombres, qu’un second coup de feu retentit, l’instant d’après je m’effondre face contre terre, sentant  quelque chose incrusté dans mon dos. Mes yeux se ferment tandis que ma dernière vision est celle de l’armée speris débarquant dans le bâtiment en abattant mon agresseur.

« -Trop tard » ai-je le temps de souffler pour la dernière fois. 



D’après Thomas Vili,
 speris tué pendant la dernière guerre terrienne.